L’enjeu décisif n’est pas seulement organisationnel, il est structurel. Les données fédérales sont claire: faute de protection solaire suffisante, tous les types de bâtiments examinés dans le projet pilote « Ça chauffe dans les écoles » ont dépassé les 26 °C, certaines salles grimpant jusqu’à 42 °C l’après-midi. Au-delà de 28 °C, les plaintes explosent ; dès 32 °C, plus de 90 % des élèves souffrent de fatigue et de troubles de la concentration. Chaque degré au-dessus de 26 °C dégrade significativement les apprentissages.
La réponse passe d’abord par les mesures passives, les plus efficaces et les moins énergivores : protections solaires extérieures, végétalisation des cours, toitures et façades, revêtements de sol perméables et clairs, aération nocturne automatisée et brassage d’air. Comme le demande le postulat Gaillard déposé au Conseil national en septembre dernier, lorsque les mesures passives ne suffisent pas ou plus, il faut assumer un refroidissement actif efficace, alimenté par de l’électricité renouvelable et idéalement couplé au solaire, dont la production culmine précisément au moment où le besoin est maximal.
En avril 2026, la faîtière des enseignant-e-s alémanique LCH a posé une exigence claire: une limite contraignante de 26 °C dans les locaux fermés, des normes minimales nationales juridiquement contraignantes et un plan anti-chaleur à échelons couplé à des seuils mesurables. La motion transpartisane déposée au Grand Conseil vaudois le 2 juin 2026 va dans le même sens, réclamant un plan cantonal et une directive de suspension des cours et examens. Elle rappelle au passage que le guide cantonal de juillet 2024 sur cette question reste non publié et sans directive claire, laissant les directions seules en première ligne.
Assez de recommandations sans portée. La SPV demande des seuils contraignants, un programme d’investissement pour rénover le bâti scolaire avec un fort soutien cantonal: la santé des élèves et du personnel ne peut dépendre de la situation financière des communes.
