Interdiction des débats politiques à l’école : le Tribunal fédéral annule la décision du DEF

En septembre 2023, un apprenti au Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV), demande l’autorisation d’organiser dans son école un débat contradictoire entre des représentants de plusieurs partis politiques avant les élections fédérales. Sa demande est rejetée par la direction du CPNV, puis par le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF). Le refus se fonde sur une directive cantonale interdisant les débats électoraux dans les écoles durant les 10 semaines précédant un scrutin, afin de garantir la neutralité politique et d’éviter la « pêche aux voix ».

Le Tribunal fédéral admet le recours et annule les décisions précédentes. Il constate que le refus d’autoriser ce débat était disproportionné. Le seul risque de « pêche aux voix » ne suffit pas à justifier une restriction de 10 semaines, d’autant plus que les jeunes adultes sont déjà exposés aux influences politiques via les médias et les réseaux sociaux. L’interdiction du débat porte atteinte à la liberté d’expression (art. 16 Cst.) et à la liberté de réunion (art. 22 Cst.), ainsi qu’aux articles correspondants de la CEDH. Si l’école doit rester neutre, elle a aussi pour mission de former les jeunes à la citoyenneté. Un débat contradictoire avec une représentation équilibrée des forces politiques et une modération adéquate exclut le risque de propagande illicite.

Le canton de Vaud est condamné à verser 4 000 fr. de dépens au recourant.