Dans un contexte de crise internationale et de besoins accrus dans les secteurs de la santé, du social et de la formation, la majorité du Conseil d’Etat et du Grand Conseil procèdent, depuis 2 ans, à des baisses fiscales en faveur des plus hauts revenus (105 mios en 2024, 152 mios supplémentaires en 2025 et une nouvelle baisse est annoncée pour 2026). Aujourd’hui, ces choix politiques plongent l’Etat de Vaud dans une crise financière et institutionnelle profonde avec des mesures d’austérité qui s’annoncent massives dès 2026 (un demi-milliard d’économie à prévoir).
« Le gouvernement fait un focus sur la croissance de la masse salariale de l’État qui s’élève désormais 2,88 milliards. Une augmentation de 5% en 2024. Elle se divise comme suit: +2,2% des effectifs, +1,9% pour l’indexation et +1% pour les annuités. Ce qui laisse présager où de futures coupes pourraient être opérées par le Conseil d’État. » (24 Heures, 10 avril 2025)
Alors que le manque de moyens est criant dans les classes, notamment pour mener une politique d’inclusion réaliste, que les conditions de travail des enseignant-e-s se dégradent continuellement, ces annonces sont extrêmement inquiétantes pour l’avenir de l’école vaudoise et la santé des collègues.
Le pire pourrait encore arriver avec la votation cet automne sur une initiative extrême des milieux patronaux visant à diminuer les impôts de 12%…
« [L’initiative des 12%] coûterait entre 300 et 500 millions. C’est donc arithmétique et évident: les mesures de meilleure maîtrise des dépenses, voire d’austérité, seraient plus exigeantes, car ce manque à gagner viendrait s’ajouter au déficit qu’il s’agit de combler. L’effort d’assainissement grimperait ainsi à plus d’un demi-milliard de francs, soit plus de 5% du budget. Tel Sisyphe, cela impliquerait de s’attaquer à un excédent de charges aussi abyssal que celui qu’a connu l’État de Vaud au tournant du siècle dernier. » (Prof. Nils Soguel in 24 Heures, 22 avril 2025)